Le tera-meeting, organisé par le parti Pastef, ce samedi 8 novembre 2025, a tenu toutes ses promesses. Le rassemblement animé par Ousmane Sonko (président du parti au pouvoir et Premier ministre) a été un succès retentissant en termes de mobilisation. Des dizaines de milliers de militants et sympathisants venus de tous les coins du Sénégal (Dakar, Ziguinchor, Saint-Louis, Kolda, Sédhiou, etc.) ont convergé vers le stade Léopold Sédar Senghor à Dakar pour répondre à l’appel de leur leader, Ousmane Sonko. Le parking du stade Léopold Sédar Senghor de Dakar, pris d’assaut dès les premières heures de la matinée -pour une manifestation prévue à 17 heures-, était plein comme un œuf.
Arborant des drapeaux et écharpes aux couleurs du Sénégal, les partisans de Sonko ont affiché leur enthousiasme et leur détermination à renouveler leur engagement à leur leader malgré le retard à l’allumage constaté dans la conduite du ‘’projet’’. Une Giga démonstration de force à nul autre pareil qui a servi de tribune au Premier ministre de solder ses comptes contre l’opposition au premier chef l’ancien président de la République Macky Sall, mais également d’envoyer une volée de bois verts à certains alliés à la loyauté douteuse ainsi qu’à certains magistrats de la Cour suprême.
Dissolution de l’Apr, « dette cachée »
Dans un discours incendiaire, Ousmane Sonko – qui fait face avec son gouvernement à l’équation d’une économie mal en point-, a abordé la question de la « dette cachée ». Il s’en est pris aux négateurs de cette « dette cachée » qui, selon lui, devraient être traduits devant la justice. Il a, de même, demandé la dissolution de l’Alliance pour la République (APR), un conglomérat de criminels et prévaricateurs des deniers, à l’en croire. D’après Sonko, c’est ce lourd héritage légué par Macky Sall qui a mis le pays au bord de l’asphyxie financière avec une dette réévaluée à plus de 130% du PIB.
Une situation qui a d’ailleurs suscité la mise en place du Plan de redressement économique et social (PRES) lancé l’année dernière. Revenant de manière plus détaillée sur les mesures du PRES basées sur des efforts collectifs, Sonko souligne qu’elles consistent en la taxation de services qui n’ont pas un impact direct sur la vie des Sénégalais : les jeux de hasard, le tabac et les boissons alcoolisées. Embrayant sur la question de la redevabilité et de la justice, le leader de Pastef et chef du gouvernement a accédé à la demande des milliers de militants qui réclament l’accélération des enquêtes relatives au dossier des évènements politiques (2021-2024) ayant fait plus de 80 morts. « Si justice n’est pas faite, que personne ne paie d’impôt », lance-t-il.
Sur les fonds politiques, Ousmane Sonko a balayé d’un revers de main les rumeurs selon lesquels il bénéficierait d’une « caisse noire » estimée 9 milliards de francs CFA. Il a aussi renvoyé ses pourfendeurs au programme de campagne de Diomaye-Président sur la question de la suppression des fonds politiques, justifiant ainsi que le régime reste fidèle à ses promesses.
Attaque contre ses alliés peu loyaux
Certains alliés de Diomaye-Président n’ont pas été par le réquisitoire de feu du président de Pastef. « Un allié qui cherche à manipuler pour séparer Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye n’a rien à faire dans le gouvernement. Il n’est pas un allié sincère », a-t-il martelé faisant allusion au ministre de l’Environnement, Abdourahmane Diouf qui avait appelé dans une récente sortie à éviter « une justice des vainqueurs ».
« Des cas de surfacturation ont été découverts dans un ministère. J’ai donc demandé au président de la République, Bassirou Diomaye Faye de muté le responsable concerné dans un autre département, en attendant que toute la lumière soit faite sur cette affaire », révèle Sonko qui évoque également le cas d’un autre allié épinglé par un rapport de l’Ige pour 2 milliards de francs CFA (Aminata Touré, ancienne présidente du CESE).
Supposée brouille avec Diomaye
Le Premier ministre s’est enfin exprimé sur sa relation avec le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, qui, selon les rumeurs, serait très tendue. « Il y a certains qui pensent que ma relation avec le président Bassirou Diomaye Faye va se détériorer. En tout cas, tout peut arriver dans la vie ! Sachez que ce qui mettra fin à notre relation ne viendra pas de moi. Et, j’ai l’espoir que cela ne viendra pas, non plus, du président Bassirou Diomaye Faye », a-t-il soutenu.
Auteur: Thiebeu NDIAYE














